Une étude économique concluante

Tel que nous l’a suggéré la ministre des Ressources naturelles et de la Faune du Québec, madame Nathalie Normandeau, nous avons mené une étude afin de mesurer les effets de la proposition législative que nous lui avons soumise. Cette proposition, résumée à grands traits à la fin de cet article, a été entérinée par les membres de l’AQUIP lors du congrès de 2009, adoptée par le conseil d’administration de l’association et ensuite soumise aux autorités politiques.

L’étude

Une des conclusions qui se dégage clairement de cette étude supporte le fait que l’application de la proposition législative ne fait pas varier significativement la moyenne de la marge des détaillants sur l’ensemble du territoire du Québec.

L’étude porte sur les années 2007, 2008, 2009 et 2010. Elle illustre que les zones où les marges des détaillants sont plus élevées connaissent une diminution de celles-ci, alors que les zones de fortes guerres de prix présentent des marges majorées. Cela correspond aux objectifs identifiés dans la proposition législative. Au surplus, la moyenne des marges pour l’ensemble du Québec ne varie pas significativement.

J’ai collaboré à l’élaboration de cette étude en compagnie de madame Selene Villalero M.Sc., économiste à l’AQUIP.

Avantages et inconvénients

Au-delà de l’étude économique, il convient de dresser l’éventail des avantages et inconvénients qui découlent de cette proposition. Ainsi, au chapitre des avantages, les consommateurs continueront à bénéficier des meilleurs prix hors taxes et redevances de tout le Canada, au surplus le maintien d’un secteur indépendant fort leur garantit une concurrence avantageuse à long terme. Ils profitent aussi de la diminution des marges de détail plus élevées de certaines zones et ne seront plus frappés par de fortes augmentations, soudaines et irritantes, des prix de l’essence. Les consommateurs continuent à avoir accès aux bas prix des guerres de prix alors que les prix déraisonnablement bas consécutifs aux fortes guerres de prix locales sporadiques s’estompent.

Les détaillants indépendants y trouvent leur compte. Ils ne seront plus victimes de fortes guerres de prix persistantes et ruineuses. Ils pourront ainsi mieux jouer leur rôle de concurrent et réinvestir sans craindre de représailles commerciales dévastatrices de la part de concurrents prédateurs. Les recours juridiques longs, coûteux et interminables seraient éliminés, au profit d’une application simplifiée de la loi. Toutefois, on ne peut nier que la diminution de marges de détail plus élevées de certaines zones affectera leur profitabilité.

Faibles variations quotidiennes

Les hausses soudaines et spectaculaires des prix de l’essence, et les crises médiatiques qui y sont liées, disparaissent au profit de faibles variations de prix qui suivent quotidiennement les coûts d’acquisition offerts par les raffineurs et les importateurs. La simplicité et l’équité du mécanisme d’établissement des marges de détail facilitent la compréhension des médias et du public et évitent d’adresser des blâmes injustifiés. Voilà autant de facteurs qui éliminent les psychodrames réguliers liés à une mauvaise compréhension des facteurs qui influencent les prix de l’essence.

La proposition législative

Je rappelle enfin que la proposition législative de l’AQUIP permettrait de fixer quotidiennement un prix minimum et un prix maximum, modulés en fonction de l’établissement de trois grandes zones. Ces zones représenteraient le territoire de l’Agence métropolitaine de transport de Montréal (ATM), le Québec central et les régions éloignées (Abitibi-Témiscamingue, Bas-St-Laurent-Gaspésie, Saguenay-Lac-St-Jean et Côte-Nord ). Les détaillants qui ne respecteraient pas ces balises seraient frappés d’amendes dissuasives. Ce système simple et transparent éliminera de facto tout abus qui pourrait émaner du secteur de la vente au détail de l’essence, comme il évitera les fortes guerres de prix déloyales. Bien sûr, les guerres de prix continueront à se produire, mais leur intensité ne provoquera plus l’éviction du marché de détaillants efficaces. La concurrence ne s’en portera que mieux.

Sonia Marcotte, économiste
Présidente-directrice générale


Sonia Marcotte

PDG de l'AQUIP

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Président du conseil d'administration

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